Thérapies pour enfants, pour qui/quoi finalement ?

De plus en plus de parents font appel aux services d’un psychologue pour leurs enfants.
Les demandes, nombreuses, interrogent sur ce qui les motive.

Le psy et l’école

Les professionnels de l’enseignement sont les premiers à côtoyer les enfants de près, plusieurs heures durant.
De fait, et par comparaison avec les autres, ils sont à même de conseiller une prise en charge thérapeutique.
Leur expérience, leur professionnalisme ne sont pas à remettre en question.
Quoique…
En effet, avant d’envisager une thérapie pour enfant, il est essentiel de se demander déjà:
– pour quoi faire ?
Derrière cette question, se pose déjà l’intérêt de la démarche.
Est-ce que mon enfant est agressif ? Agité ? S’ennuie t’il ou dérange t’il le reste du groupe ?
Reste t’il dans son coin, s’isole t’il ? Est il le bouc émissaire des autres enfants ? Est il hypersensible
Etc. Etc.

Quand les enseignants deviennent prescripteurs thérapeutiques, ce qu’il faut d’abord entendre, c’est la différence de son enfant avec les autres enfants. Ou plus exactement avec une modélisation des enfants que le professionnel se fait. Soit en lien avec ses représentations propres soit par rapport au reste du groupe classe.

Avant toute chose, et surtout, avant que le parent ne commence à s’inquiéter sur cette « différence » et sa signification, il est intéressant de vérifier que:
quelque soit la « différence » repérée, cet enfant aille bien (il joue, il rit, il s’adapte et apprend).
– au delà de ce qui est décrit (voire décrié), il y a peut-être une difficulté pour l’adulte ou les adultes à seulement comprendre le fonctionnement de l’enfant en question.
– Enfin, avant de sonner l’alarme du psy (qui, pour les parents, signifie le plus souvent, une dangereuse tare du même enfant), on peut se donner le temps de mieux l’appréhender, justement, cette différence…

Avant 4 ans, entamer une psychothérapie, pour un si jeune enfant, ne peut se faire qu’avec les parents.
A partir de 4 ans, et avec toute la réserve nécessaire face aux besoins inhérents à cet âge, il est important d’entendre davantage « accompagnement » que « psychothérapie ».
Le plus souvent, jusqu’à 7 ans, les problématiques rencontrées par les enfants sont liées aux relations qu’ils tissent avec les autres: parents, fratrie, enseignants, pairs.
Il est donc essentiel de respecter le rythme de l’enfant, de sa famille et de proposer de psychoéducation si les difficultés sont d’ordre familial.

Mais, dans tous les cas, le psychologue et la psychothérapie, n’auront aucun effet magique.
C’est tout l’environnement de l’enfant qu’il faut interroger.
Chaque enfant est unique, n’a pas encore totalement intégré les règles et codes sociaux.
Ses différences sont clairement l’expression de son unicité et sa personnalité.
Il faut donc accepter de respecter et prendre en compte l’ensemble et ne pas attendre d’une figure extérieure (le psy) les solutions miracles, le temps d’une séance.

 

Le psy et le divorce

La question des séparations du couple est rapidement liée intrinsèquement à celle de la parentalité et celle des enfants.
Comment les enfants vont vivre la séparation ?
Comment les accompagner pour que cela se passe au mieux ?

Ces questions sont récurrentes et sont les raisons principales de la venue de parents au cabinet.
Personne ne mentira: en dépit des difficultés rencontrées par le couple, il n’existe pas de solution miracle, les enfants souffrent aussi des séparations.
Il n’existe pas non plus de grille d’évaluation sur le niveau exact de leurs souffrances.
Eux-mêmes n’arrivent pas à l’évaluer car ce sera fluctuant.
J’espère que vous ne rencontrerez jamais de psy vous garantissant savoir où se situe la douleur de leur deuil…

Ce qui est important à intégrer c’est que chacun va essayer de faire ce qu’il peut dans un moment où il sera déjà extrêmement fragilisé.
Aucune séparation n’est facile. Tant pour la personne quittée que celle qui décide de quitter.
Face aux enfants, il y aura une parfaite égalité (normalement).
Donc, au milieu de la tornade affective et logistique, il sera difficile, aux deux parents de trouver LA solution idéale.
D’une part, elle n’existe pas, d’autre part, chaque enfant peut réagir différemment, à tout moment.

Les conseils du psy et la séparation:

Séparez bien papa et maman des personnes que vous êtes.
On peut, par exemple, expliquer que Paul et Paula se séparent mais que papa et maman seront toujours là.

Acceptez que vos enfants aient de la douleur sans minimiser cette dernière.
On peut tout à fait dire à ses enfants « c’est normal que tu sois triste ».
Si on joue la carte de l’indifférence, les enfants vont sentir la nécessité d‘intérioriser leurs ressentis pour vous protéger. L’échange des rôles garantit le mal être des enfants (et de longues thérapies à l’âge adulte !).

Se faire accompagner, ensemble, en reconnaissant chacun ses limites, ses peurs etc.
Il n’existe pas de parents parfaits. Leur faire croire le contraire revient à les faire devenir des adultes anxieux de ne pas réussir à être aussi bien que leurs parents…
Face aux épreuves, aux deuils, c’est aussi de la vie qui les attend dont il est question.

Pour les questions de nervosité, anxiété, précocité intellectuelle, retards psy, les rythmes de chacun sont aussi à respecter.
On peut aussi tout à fait prendre conseil auprès du psy sans pour autant entamer une lourde psychothérapie.

Chers parents, se demander si on est de bons parents, c’est déjà améliorer sa propre parentalité.
Continuez, vous êtes géniaux !!!

A re-lire: Pour en finir avec le mythe de la mère parfaite (et du père bien sûr!)