Parents, enfants, mode d’emploi, des conseils aux parents

La parentalité, même au XXIème siècle reste encore hésitante.
A en croire les nombreux pédagogues des années 70 qui ont fait émerger « le bébé est une personne », élever son enfant peut suivre un mode d’emploi plutôt pratique et adapté à tous.
Un peu comme un programme scolaire et les niveaux attendus à certaines étapes de l’année.

N’en déplaise à tous ces bons conseils, le kit Ikéa est parfois bien plus facile à monter que de trouver le bon mode d’emploi éducatif !
D’abord chaque enfant est différent.
Et chaque parent porte aussi une histoire propre qui va influencer forcément son modèle éducatif.
Ensuite, l’enfant va se retrouver face à plusieurs éducateurs potentiels: parents, grands-parents, beaux-parents, enseignants etc.
Bref, une éducation n’est ni linéaire ni simplifiable.

Etre un bon ou un mauvais parent

Cette dichotomie revient régulièrement dans la bouche des parents.
A la peur d’être un mauvais parent, vient s’ajouter celle de reproduire un modèle parental de l’enfance, encore mal « digéré ».
Le désir d’enfant implique un désir de bien l’élever, de traverser l’enfance puis l’adolescence dans des conditions optimales.
L’image de la réussite c’est lorsque l’enfant est potentiellement parfait, sage et adaptable à la société…
Voilà le désir.
Quant à la réalité…
Winnicott disait qu’il n’y a pas de meilleurs parents que celui que vous êtes pour cet.te enfant là.
Après tout, à moins d’être un parent maltraitant ou toxique, qui d’autre peut aimer, inconditionnellement, une personne parfois frustrante, épuisante ?

Donc, oui, vous êtes un bon parent.
Quand vous vous inquiétez de savoir si vous vous y prenez bien, quand vous observez, à la dérobée les autres parents au square, devant le portail à l’école, en sortie etc.

L’angoisse de mal faire est déjà, en soi, la « preuve » de votre bonne volonté à bien faire.
Et il est vraiment temps d’en finir avec le mythe de la mère parfaite !!!

Psy et éducation

Vous trouverez de nombreux ouvrages pour guider vos pas de jeunes (et moins jeunes) parents.
Je ne les conseille pas vraiment. Mais cela n’engage que moi.

La culpabilité est bien trop souvent, la conclusion de vos réflexions.
Culpabilité de ne pas pouvoir/savoir octroyer les 15 minutes quotidiennes à chaque enfant.
Culpabilité à ne pas assurer le suivi scolaire, l’accompagnement lors de la visite de la ferme…
Culpabilité enfin lorsque vous rentrez épuisé.e et que vous devriez savoir discuter calmement ou mettre en place une communication non-violente alors que votre chère progéniture s’essaie à briser les vitres de la maison à coups de voix stridente et hurlante…
Une culpabilité à être humain.e.

Savoir ce qu’il serait mieux, ne signifie pas adhérer totalement.
Vous arrêteriez de fumer, manger gras, le petit apéritif etc.

Tout comme en travail thérapeutique individuel, où il est important d’apprendre à mieux se connaître au cours des levées de ses problématiques, il est essentiel de se souvenir que vous faîtes au mieux !
Vous faites et vous ferez ce que vous pouvez.
Vous commettrez des erreurs.
Là où la psychologie peut vous accompagner, c’est en vous aidant à poser les choses avec ses enfants: expliquer ses erreurs, s’excuser de certains excès, vous rendre simplement plus humains.
C’est ainsi que née la communication bienveillante.
Elle sera l’étape qui précède la communication non violente.

Anne Ancelin Schützenberger* a écrit un ouvrage d’une très grande richesse sur la répétition générationnelle et l’impact de l’histoire familiale sur le développement de chacun de nous.
Mieux comprendre sa construction familiale peut aider à mieux s’en détacher (notamment pour des parents ayant peur d’être, eux aussi, toxiques ou malveillants.
La thérapie individuelle peut alors s’inscrire dans la dynamique de sa propre parentalité.

Conseils de psy

Si certains adultes ont traversé des enfances douloureuses, rien ne garantit la répétition fataliste. De même, ces mêmes futurs parents peuvent devenir d’excellents parents. Le plus important est d’avoir su se détacher de toutes les formes de toxicité passée et se faire confiance.
L‘enfant, quant à lui, n’est pas uniquement un petit être qui absorbe.
Il est acteur.
Dans ses interactions, dès la naissance, avec ses parents, il va interférer dans le modèle éducatif parental.
Il est courant de voir que, dans la même fratrie, les enfants évoluent de façon étonnamment diverse malgré une éducation commune.
Parce qu’elle ne l’est pas réellement.
Les parents s’adaptent inconsciemment et vont avoir des attitudes calquées aussi à partir des agissements et réactions de leur enfant.
Et c’est d’ailleurs la meilleure chose à faire.
Construire, ensemble des modalités de relations.

Les enfants en thérapie évoquent beaucoup leurs parents. C’est logique car cela occupe le plus fort de leur temps psychique et affectif.
Je leur explique qu’il n’existe aucune école pour les parents où des professeurs experts viendraient leur donner tous les codes et les meilleures méthodes éducatives.
Ils sont vos professeurs.
Ils sont les seuls à pouvoir vous guider vers leur bonheur (dans la limite du raisonnable et du cadre qui vous correspond).
C’est donc bien un jeu d’interactions qui se joue avant même des méthodes toutes faites (et souvent dangereuses).

La psychologie n’est donc pas ici pour reprendre, expliquer voire sanctionner.
Il s’agit de théories.
S’il est question de thérapies pour enfants ou de thérapies pour ados, à aucun moment, le.a psy n’aura à vous juger.
Vous faîtes ce que vous pouvez.
Élever un enfant, c’est une mission à vie, une merveilleuse aventure mais aventure néanmoins !