Les chocs émotionnels aussi sont douloureux

Traumatismes et chocs émotionnels:

La notion de traumatismes est, le plus souvent, associée à des événements violents (agression, perte d’un proche, attentat etc.).
Avec lui, des conséquences sont indéniables. On évoquera le syndrome de stress post-traumatique notamment.
Il est donc entendu que le vécu post-traumatique soit pris en charge. La souffrance est reconnue par et de tous.

Pourtant, il existe aussi des chocs émotionnels non visibles qui marquent et laissent des traces terribles.
Leur définition exacte renvoie à celle des traumatismes.
On peut néanmoins les distinguer.
Les chocs émotionnels représentent les traumatismes mais représentent aussi les moments de vie qui ont ou font souffrir: divorce, licenciement, départ de proches (enfants), disputes amicales, emprise etc.
Si le discours social est de considérer ces épisodes de vie communs à tous, il n’en empêche pas la souffrance subie.
Face aux douleurs, les effets de résilience ne sont pas les mêmes pour tous.
Chaque individu tente de s’approprier son histoire et ses événements comme il le peut.
Aucune règle généralisable n’est possible.

Le choc émotionnel, moins envahissant que le traumatisme ?

Si le choc peut sembler « moins important » que le traumatisme, il n’est pourtant pas question de les comparer.
Il est tout à fait possible de garder une blessure ouverte après un choc, considéré comme « banal » parce que universellement partagé.

Par exemple après une rupture amoureuse.
Le discours social, même si bienveillant, est entaché de clichés qui se veulent apaisants et réconfortants.
« Un de perdu, 10 de trouvés », « Il vaut mieux être seul.e que mal accompagné.e »…
Autant de bons sentiments apparents qui cherchent à faire avancer.
Mais vers quoi ?
Au rythme de quelle règle qui voudrait que la rupture devienne facilitatrice soudaine de désamour ?
Et que faire des conditions dans lesquelles les choses se sont déroulées ?
Comment assurer à autrui qui faut « tourner la page » après une rupture par SMS ?

Choc émotionnel et douleurs multiples:

Minimiser la douleur qui cogne au prétexte que celle-ci n’est pas si grave ou parce qu’elle est banale ne facilite pas l’effet du choc ressenti.
Choc pourtant éprouvé.
Et la capacité à absorber ce dernier n’est pas la même pour tous. Parce que chacun a une histoire propre.
Parce qu’il n’existe pas de règles communes à tous mais bien une appréciation individuelle de sa douleur, des effets perçus et de sa capacité à y faire face.

Chacun de ces chocs mérite d’être entendu, pris en compte et respecté.
Certains nécessiteront des périodes de deuil (rupture, licenciement…), d’autres des temps de réadaptation (accident d’un proche, séparation parentale, départ des enfants etc.). D’autres encore devront être considérés avec attention (séparation d’avec un.e pervers.e narcissique, emprise et violences).
De même, le stress inhérent à ces épisodes de vie n’a rien de comparable avec le stress généré par des événements plutôt courants (examens, prise de poste, rencontres etc.).
Un mal-être profond peut s’installer de façon durable. Et caché parce que la personne peut éprouver de la culpabilité à ne pas savoir « affronter » et « avancer ».

La prise en charge psychologique des chocs émotionnels:

Une prise en charge ou un accompagnement peuvent alors être des solutions.
Avec la psychologue, il est alors possible de déposer, de se sentir entendu.e et autorisé.e à en souffrir sans l’injonction du « tourner la page ».
La douleur est respectée, reçue dans la neutralité.
Parce qu’il n’existe pas d’échelles à la douleur, aux ressentis.

En fonction de la profondeur des blessures, des séances d’EMDR peuvent être envisagées.
Ces dernières faciliteront la libération des sentiments négatifs autour de ces chocs émotionnels.