LA GESTION DES ANGOISSES

L’angoisse ou les crises d’angoisse sont les premiers effets psychologiques du confinement.
Cœur qui bat beaucoup plus vite, palpitations, sentiment de faire un malaise, de tomber, spasmophilie (crampes musculaires, tremblements)… sont autant de manifestations de l’angoisse.

En général, l’angoisse crée un tel sentiment de perte de contrôle de soi qu’elle devient elle-même anxiogène. Du coup, la peur de « se sentir partir », dépossédé.e de ses réactions provoque une nouvelle vague de stress pouvant aller jusqu’aux attaques de panique.
La première réaction de tous est de nier l’angoisse.
A savoir de garder à l’esprit une sorte de mantra répété type « non, ça va passer ».
C’est le réflexe humain de croire ainsi avoir le contrôle de soi, de son corps, de ses réactions.

Pourtant, l’angoisse est un symptôme aussi essentiel que la douleur que provoquerait une entorse de votre cheville.
En effet, il ne viendrait jamais à personne l’envie de considérer cette même entorse comme une sensation minime, en marchant voire courant malgré tout.
Au contraire, chacun.e y reconnaîtrait une réaction physiologique à prendre en compter, à soigner voire même une occasion de reposer pour qu’elle guérisse dans des conditions optimales et rapides.

L’angoisse suit le même procédé.
Telle une douleur, elle vient alerter, telle une alarme, l’individu que différents éléments de sa vie le mettent en souffrance, MAIS QU’IL REFUSE DE VOIR.
C’est un peu comme si notre corps envoyait un signal à notre cerveau, le rappelant à l’ordre par un « puisque tu ne veux pas voir que nous n’allons pas bien, je vais créer un véritable malaise physiologique tellement désagréable que tu seras bien obligé.e de t’arrêter« .
Et ça fonctionne !!

Donc, tout comme après un geste malheureux, une chute etc., votre cheville se mettrait à enfler, les crises d’angoisse ne sont rien d’autre que des  réactions physiologiques dues à une forme de douleur psychique non respectée…

ON FAIT QUOI ALORS ?

Et, bien, on l’écoute, tout simplement.
Si je prends soin de ma cheville, je dois apprendre à prendre soin de ce qui se joue aussi en moi, dans mes émotions, mes sensations, mes douleurs et mes inquiétudes du moment.
La plupart d’entre elles sont là depuis tellement longtemps qu’elles viennent taper très fort.

Le meilleur moyen de « dépasser » une crise d’angoisse revient alors à se poser, respirer calmement et commencer par se dire ceci:
« je ne vais pas bien, j’en ai le droit. Je ne sais pas exactement (à ce stade) ce qui ne va pas mais je ne vais pas bien. »
En respectant ainsi ses propres ressentis, la vague d’angoisse va considérablement diminuer.
Voire se dissoudre totalement.
Le réflexe humain, social est de se répéter en boucle que cela va passer mais c’est pire !
En ne prenant pas en compte mon alerte, elle ne fera qu’augmenter en intensité. La peur de faire des crises d’angoisse deviendra ainsi invasive.

Même si cela a l’air facile à poser, il faut simplement accueillir l’angoisse comme un symptôme pour entendre la nécessité de prendre soin de soi:
écouter ce qui tracasse, qui fait souffrir; entendre son degré de perturbation interne, prendre en compte ce qui gêne.

ET APRES ?

Une fois que l’angoisse se dissipe, on reprend sa respiration.
On accepte que le moment est difficile et on arrête de s’enfermer dans une illusion de contrôle.

C’est le moment de prendre attache avec soi, de chercher ce qui nous trouble.
Je pense à une patiente qui faisait des crises de panique chaque fois qu’elle mettait les pieds dans une grande surface ou lorsqu’elle était dans une pièce illuminée par des néons.
Après avoir pris le temps d’accueillir « son droit à ne pas aller bien », elle a compris qu’elle s’imposait de faire ses courses tous les vendredis soirs, en sortant du travail alors qu’elle était épuisée.
A force de tirer sur sa corde, son corps l’a empêchée de s’infliger cette torture.
Elle a arrêté de procéder ainsi.

Apprendre à s’écouter, ne signifie pas focaliser son attention seulement sur soi.
C’est savoir ce qui nous fait du bien, mais aussi ce qui ne nous convient pas: une relation toxique, un emploi du temps démesuré, des contrariétés absorbées sans jamais y mettre un terme, des problèmes familiaux qu’on a tendance à minimiser etc.
Apprendre à s’écouter, c’est donc entendre jusqu’à combien cela me bouleverse, ce que cela impacte, créé, perturbe.
Et c’est surtout accepter que je puisse réagir de cette façon, parce que je suis ainsi et qu’aucune « norme » ne doit m’imposer de ne pas accueillir ce que je suis, comme je suis.
Il n’y a ici aucune forme d’égoïsme, .